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Edgar MARTIN

Le but de ce voyage était d’étudier l’intégration des populations émigrées en visitant quelques capitales : Amsterdam, Rome, Copenhague, Zurich, Berlin, Vienne.

Projection de la carte de l’Europe indiquant le parcours suivi.

Introduction :

L’intégration des populations immigrées dans les grandes villes européennes n’est pas aussi homogène qu’on pourrait le penser.

Plusieurs phénomènes expliquent cela : • L’histoire coloniale des pays • La géographie et les pays limitrophes • Leur commerce international • Leur rayonnement mondial • Leur politique intérieure et étrangère, même si en raison de la libre circulation des biens et des personnes en Europe, la politique intérieure, à l’exception de la Suisse, a un impact limité.

On a pu distinguer trois types d’intégration des populations immigrées :
Une intégration limitée voire sectaire, Suisse et Danemark.
Une intégration encadrée mais plus humaine, Allemagne et Autriche
Une intégration peu maîtrisée, Italie et Pays-Bas.

Première partie : Rome - Amsterdam

1) ROME : une ville musée

L’histoire coloniale, la proximité avec l’Afrique, le rayonnement de l’Italie sur la scène internationale et sa politique de régulation massive en font une destination privilégiée pour l’immigration. Rome est une ville musée, l’économie de Rome repose principalement sur le tourisme. La ville privilégie surtout la restauration des monuments et le développement de l’accueil des touristes. Conséquences : retard dans le développement des infrastructures, notamment les transports et les logements et donc peu, voire pas, de politique d’urbanisme : il n’y a pas de ghettoïsation significative. La ville de Rome est toujours en travaux, il n’y a donc pas vraiment de problème pour trouver du travail dans les très nombreux chantiers. Cependant comme c’est souvent le cas dans les villes où il n’y a pas vraiment de politique d’intégration, un réseau « mafieux » de vente de contrefaçons est très développé. Mafieux, car tous les revendeurs vendent exactement les mêmes produits.

2) AMSTERDAM

C’est évidemment à cause de son ouverture maritime sur le monde et son histoire coloniale qu’Amsterdam possède une si grande diversité ethnique. Mais la « répartition » se différencie nettement de Rome notamment en raison de la mentalité plutôt nationaliste des Néerlandais et évidemment le côté beaucoup moins méditerranéen de débrouille. Le cœur historique d’Amsterdam, en fait un centre bourgeois et surtout très touristique. Les populations d’origine immigrées se situent surtout à la périphérie. Présentation du plan de la ville

On remarque surtout des populations immigrées d’origine noire et sub-africaine, et d’Extrême-Orient. On a pu remarquer la mise en place de plusieurs réseaux notamment constitués par des populations d’origine immigrée : wok to walk. Et un développement du banditisme, toujours sûrement du à une absence de politique d’intégration. Drogue autour du quartier rouge.

Deuxième partie : Copenhague - Zurich

1) ZURICH

Ce n’est un secret pour personne que la Suisse a mis en place le quota d’immigration le plus sévère d’Europe. Pour mieux comprendre, étudions en détail les différents permis de séjour :
La Suisse est composée à 20 % d’étrangers, dont la majorité en provenance de l’ex-Yougoslavie.
C’est une immigration complètement choisie.
Les immigrés sont logés dans des quartiers assez spécifiques : autour des aéroports, dans les milieux industriels... etc... là où les Suisses ne veulent pas vivre. Il n’y a pratiquement pas de chômage car chaque immigré arrive avec un contrat de travail.
Il y a très peu de réfugiés politiques, mis a part les dictateurs (humour)
On distingue trois « contrats d’immigration : Le permis L : rattaché à un contrat de travail, donc si plus de travail, plus de permis. Les personnes rattachées à ce contrat n’ont presque aucun droit. Un faux pas et c’est l’exclusion. Le permis B : rattaché aussi à un travail, il permet cependant de pouvoir en changer. Les personnes rattachées à ce contrat payent des impôts mais peuvent recevoir les allocations chômage si elles ont cotisé au moins deux ans. En cas de faux pas, la personne peut-être facilement expulsée.

Le permis C : Permis renouvelable tous les 5 ans. Il est généralement attribué aux Européens ou aux personnes possédant un certain capital en réserve. Après 12 ans de domiciliation sur le territoire suisse, une personne peut demander la nationalisation, mais tout varie selon les cantons.

Bref, cela entraîne une certaine ségrégation. Et les populations immigrées ne sont pas très visibles.

La Suisse ne culpabilise pas quand il faut renvoyer chez eux des immigrés clandestins. Du coup, il n’y en a presque pas.

Ce qui nous rappelle un grand dicton suisse qui dit : « En Suisse tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire »

2) Copenhague :

Difficile de parler d’immigration à Copenhague parce que les immigrés, y’en a pas tellement.

Pourquoi ? Et bien disons que le Danemark, mis à part d’avoir colonisé le Groenland et l’Islande, n’a pas colonisé grand chose. Elle a donc plus de risque d’être envahi par une armée de pingouins que par des humains.

Dans l’Union.Européenne, c’est le Danemark qui a les mesures anti-immigration les plus sévères.

Bref, même les éboueurs ou les vigiles sont blonds aux yeux bleus.

Cependant nous avons découvert une perle à Copenhague : un petit village au milieu de la ville qui n’est situé sur aucune carte, et dont on n’ose même pas nous parler à l’office du tourisme. Ce petit village c’est Christiana :

Moment d’évasion : un village de campagne aux maisons toutes plus surprenantes les unes que les autres.
Christiana est une ancienne base militaire reconvertie, en une sorte de mini village alter mondialiste, par des personnes d’origine immigrée, des artistes ou encore des anarchistes.
On se croirait déconnecté du monde, on côtoie tantôt des Asiatiques, tantôt des Latino-Américains, tantôt des Africains... dans une sorte d’homogénéité complète. Inutile de vous dire que Christiana est la honte du Danemark.

Troisième partie : Berlin-Vienne

1) Vienne

Malheureusement, nous n’avons pas pu rester longtemps à Vienne : 15 heures seulement.
Cependant on a pu observer quelques contrastes, notamment : • l’anti-ghettoïsation, avec une bonne répartition des HLM. • le grand respect de l’ouvrier en Autriche. Il n’est pas rare d’observer au pied d’un immeuble une plaque remerciant le travail des courageux ouvriers qui l’ont construit.
Et puis, il y a cette culture de la confiance, du respect, du civisme : à chaque coin de rue on trouve un distributeur de journaux non automatique dont le fonctionnement ne repose que sur la confiance. On prend le journal et on met l’argent dans la boîte prévue à cet effet.
Et puis, les immigrés viennent plutôt de l’Est, alors ça facilite les choses ! Je confirme, s’il était besoin, que le Danube n’est pas bleu !

2) Berlin

Berlin est une ville chargée d’histoire : • l’urbanisme est très particulier, on observe une ville nouvelle dans l’ex-ouest, une ville assez américaine. • une ville, moderne avec un cœur dynamique, où la culture est répande et où les parcs fleurissent. On y trouve des squats artistiques, de la chorégraphie. • Mais il y a une autre ville, Berlin-Est, bien moins développée, et qui porte les stigmates de la période soviétique : la gare à l’est, les terrains vagues, les maisons vides, aux vitres cassées, il y règne une ambiance morose, grisâtre. Et c’est dans cette autre ville, épargnée par le développement que se trouve le quartier turc de Kreuzberg.

Les Gastarbeiter (main-d’œuvre invitée), sont les populations turques arrivées en 1961 en Allemagne pour reconstruire le pays. Aujourd’hui elles sont 2 000 000. Ces populations ne nous ont pas paru réellement intégrées, bien qu’elles fassent partie maintenant du paysage berlinois avec le fameux Doners-Kebab.

Les populations d’origine turque ont le sentiment d’être tolérées mais pas intégrées.

Une fibre nationaliste turque se développe : on sent comme une envie de retour au pays d’origine, même si certains n’y ont jamais mis le pied.

Cela se concrétise par certaines manifestations, comme l’omniprésence des drapeaux turcs dans certains « micro-quartiers », ou l’affichage du drapeau turc sur son T-shirt, certains même mettent l’hymne national turc en sonnerie de téléphone portable.

C’est là que se révèle toute la dimension de la mentalité allemande, même après 2 ou 3 générations dans le pays, le droit du sang fait que même bien intégré, on ne pourra jamais vraiment se sentir comme un citoyen allemand à part entière, mais plutôt comme faisant partie d’une minorité.

A Berlin, nous avons eu le temps de faire le plein d’humanisme : le mémorial juif, les traces du nazisme et du procès de Nuremberg, le mur de la honte...

Autant d’éléments qui nous rappellent que tous ceux qui ont un jour voulu rejeter un autre en raison de son origine, son idéologie, sa religion... que ces personnes n’ont engendré que malheur et haine.

Quand nous étions à Venise, j’ai acheté la presse française et ai négligemment ignoré un article qui parlait des réfugiés africains qui, entassés sur des coquilles de noix tentaient en vain, au risque de la mort, d’atteindre les Canaries. Je peux vous dire que l’homme n’a rien retenu, car quand on voit qu’au péril de leur vie, des milliers d’hommes et de femmes ont tenté d’atteindre l’Occident, quand on voit le nombre de personnes qui y ont laissé leur vie, on ne peut pas admettre que cela se reproduise.

Et si vous êtes encore sceptique, allez donc faire un tour du côté du musée du Checkpoint-Charlie. Et si vous pensez que le problème dans l’immigration c’est le choc des cultures, allez demander à Mme Toledano, qui travaille à la librairie du musée juif de Berlin, pourquoi les cultures, même les cultures nationales, sont faites pour évoluer, tandis que l’ambition de les préserver à tout prix a des conséquences qu’on a pu voir dans le passé, et que malheureusement, on peut voir encore maintenant.

Remerciements Je suis reconnaissant à l’AEB de m’avoir attribué ce Prix Robert Blancherie, qui m’a permis d’explorer la situation des personnes immigrées dans des pays proches de la France, un sujet de recherche qui me tenait vraiment à cœur. Un grand merci à Madame Hélène Brunschwig-Blancherie, qui a fondé le Prix.

 

 

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